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Episode 01 : la Turquie

Le 1er juillet 1995, je prends un bus au départ de Paris, à destination d'Istanbul, en Turquie. Le voyage dure 1 jour et demi :  descendre l'Italie jusqu'au bout de la "botte", à Brindisi, y prendre un ferry pour rejoindre, puis traverser, la Grèce, et enfin arriver le 3 juillet à la "Sublime Porte". Les premières heures en bus furent parmi les plus émouvantes de mon long voyage. En effet, lors d'un départ, on quitte sa maison, ses amis, sa famille, la petite routine quotidienne et on s’élance vers l'inconnu. Dans mon cas, je ne savais absolument pas quand j'allais retrouver tout cela. J'ai bien eu des petits moment de blues ensuite, mais jamais aussi forts que ce premier jour. Quand on est ailleurs, loin, il y a des centaines de choses à voir, des milliers de gens à rencontrer, des millions de souvenirs à enregistrer... mais dans les premières heures de ce voyage, j’étais seul, dans un bus de nuit, avec les phares des autres autos filant comme des étoiles pour unique spectacle. Impossible dans ces conditions de ne pas se poser de questions.

Avant d'ouvrir le coffre à souvenir, laissez-moi vous rappeler ce petit détail d'importance : tout ce que je vais décrire s'est passé il y a 25 ans. Entre-temps, la situation a beaucoup évolué, tant sur les aspects économiques, politiques, sociaux, sécuritaires, religieux que culturels. N'oubliez donc jamais que je ne parle pas ici de la Turquie d'aujourd'hui, mais de celle, déjà lointaine, d'une époque passée.

A la frontière entre l'Orient et l'Occident, Istanbul est, selon moi, une ville parfaite pour commencer un voyage vers l'Asie. Historiquement, elle fut une des villes les plus importante de la Méditerranée, d'abord sous le nom de Byzance, puis vint Constantinople, une des étapes des routes de la soie, voie royale entre la Chine et l'Europe. Enfin, elle fut la capitale de l'Empire ottoman pendant des siècles.

Peut-être avez vous noté dans le prologue que je ne parlais que de deux guides de voyage : URSS et Chine. Tout mon séjour en Turquie s'est fait en improvisation totale, sans aucune indication, ni carte, ni réservation (ni, bien sûr, google map, gps, airbnb, uber, ... qui n'existaient pas). Cela ne m'a pas empêché de trouver Sainte Sophie, la Mosquée bleue, le palais de Topkapi, le Bosphore, le grand bazar... Les sites touristiques sont très difficiles à éviter dans certaines villes. Dans mon carnet de voyage, j'ai noté : "Istanbul, ce serait trop bête d'en parler, il vaut mieux y aller !". Je sais que cela peut sembler facile, mais pour moi cette ville, comme quelques autres, a une ambiance vraiment particulière qui mérite d’être vécue plutôt que mal décrite. Parfois il vaut mieux ne rien dire/lire et laisser l'imaginaire remplir l'espace libre.

Comme je n'avais pas de guide, je ne suis pas allé visiter la Cappadoce, Marmara, Antalya, ... mais je me suis retrouvé à Ankara (AKA : t'es encore là ? ;-). Mon passage dans la capitale turque n’était absolument pas motivé par le tourisme, mais, plus concrètement, par des raisons administratives : en effet, je voulais me procurer un visa pour l’Azerbaïdjan avec lequel la Turquie entretient d'excellentes relations diplomatiques, contrairement à la Géorgie et, encore pire, l’Arménie. A l'époque il n'y avait pas grand-chose à voir en ville : la citadelle (des ruines de la vieille ville), des constructions modernes à l'architecture basique (des blocs de béton quoi), et l'incontournable mausolée d'Atatürk (le premier président de la République de Turquie, dont vous pouvez admirer le portrait sur les billets de banque ci-dessous). Ce monumental mausolée cubique situé sur une colline, tout en colonnes droites, est encore plus pompeux que ceux de Mao et Lénine.

Voici un petit résumé de la page wiki sur Ankara : "Ankara, très ancien village, devint la capitale de la Turquie le 13 octobre 1923, remplaçant Istanbul, la capitale historique de trois empires : l'Empire romain, l'Empire byzantin et l'Empire ottoman. Mustafa Kemal Atatürk a choisi cette petite ville de 20 000 habitants comme capitale de la nouvelle république : d'une part pour des raisons stratégiques car située au milieu du plateau anatolien, elle n'était pas aussi vulnérable aux attaques venant des côtes comme l'était Istanbul ; d'autre part, pour des raisons politiques, car la République voulait couper les ponts avec l'ancien régime et tous les symboles de l'ancienne capitale impériale. La spéculation foncière et l'exode rural rendirent impossible toute tentative de planification urbaine. La ville devint alors une importante agglomération habitée par une population qui aux deux tiers vivait dans des logements illégaux autoconstruits". Nous savons donc maintenant pourquoi c'est un tel puzzle, non assemblé, incohérent et bordélique.

Après la capitale, je dois aller vers l'Est. J'aurais pu descendre un peu jusqu'à la Méditerranée, ou filer tout droit sur Erzurum, mais j'avais envie de voir cette fameuse mer Noire (psst : il y a une carte en bas de la page). Cap au Nord donc. Déception à l’arrivée, elle n'est pas noire, mais bleue... En fait elle ne porte ce nom que depuis le XVe siècle. On ne sait pas trop pourquoi, il y a de nombreuses théories... mais ceci est une autre histoire. Je découvre assez vite que par ici, pour communiquer avec les locaux, à défaut de connaître le turc, il vaut mieux parler allemand qu'anglais. Et oui, de nombreux Turcs ont/vont travailler en Allemagne. Heureusement il me reste quelques souvenirs de ces longues années d’études laborieuses. Si on m'avait dit que l'allemand pouvait servir ailleurs qu'en Europe centrale...

Parfois, en voyageant, on peut découvrir des choses totalement inattendues. J'étais à Trabzon, une petite ville sur la côte de la mer Noire (Wikipédia m'apprend aujourd'hui que c'est une très ancienne ville grecque du nom de Trébizonde, que Marco Polo y est passé...). Bref, j'étais dans un café au bord de la mer, ignorant tout de la région, quand un homme me propose de me faire visiter un lieu le lendemain, en voiture, à quelques kilomètres dans les montagnes. Il me montre des photos du lieu en question. Ses tarifs semblent raisonnables. Ça a l'air intéressant, pourquoi pas. On se donne rendez-vous le lendemain matin, nous quittons la côte et roulons dans sa vieille voiture sur des petites routes bordées de forêts brumeuses et humides. Après un certain temps, nous arrivons dans une vallée montagneuse, à 1200 m d'altitude. Sur le flanc opposé, dans une petite falaise, on distingue des bâtiments de plusieurs étages abandonnés, certains en ruine. C'est le monastère Sumela. On visite les lieux, du moins les quelques salles accessibles et dégagées - les autres sont pleines de cailloux, des escaliers cassés, avec des trous dans le plancher... Sur pratiquement tous les murs, je découvre de magnifiques fresques malheureusement vandalisées. Il y a sans doute des centaines d'icônes grecques orthodoxes, puisque c'étaient des moines de cette branche du christianisme qui occupaient ce monastère, depuis l'année 386 ! Il sera abandonné en 1923, pour des raisons politiques. Je viens de lire que fort heureusement de nombreuses fresques ont été préservées : cachées sous une couche de chaux, situées dans des salles inaccessibles... Depuis, le monastère a été rénové et est une attraction touristique sans doute fascinante.

Sur la route du retour, mon chauffeur s’arrête chez un de ses amis qui dirige une petite ferme d'aquaculture dans la montagne. On fait le tour des bassins remplis de poissons, classés par âge, espèces... L'eau vient directement d'une rivière de montagne, garantie sans polluants. Je suppose qu'à cette époque lointaine, dans cette région reculée, on ne parlait pas encore de farines animales, antibiotiques, ... Avant de repartir, le patron nous offre de tester sa soupe de poisson, que nous dégustons avec plaisir.

Dans toutes les villes que j'ai visitées sur le bord de la mer Noire, j'ai vu des "Natachas". C'est le nom générique que les Turcs donnent aux prostituées russes. Attention, pour ce paragraphe je vais utiliser beaucoup de "guillemets". Donc oui, il y a de la prostitution en Turquie, du moins autour de la mer Noire. Il n'est pas rare de voir des étrangères habillées de façon très sexy devant les hôtels - je n'ai pas dit que les femmes turques étaient moches, loin de là, mais on les voit rarement en mini jupe et décolleté. Les mœurs conservatrice, la pression sociale et familiale, la religion, ... font que les Turques s'habillent de façon "décente". Les Russes et autres Caucasiennes, elles, n'ont que faire de leur réputation locale. Il faut se rappeler aussi qu'à l’époque la situation économique de la Russie était parfois catastrophique et qu'une "expatriation" permettait de gagner un peu d'argent. Et puis, enfin, j'imagine qu'il y avait derrière tout cela des réseaux mafieux très bien organisés qui promettaient aux jeunes femmes un travail dans l'hôtellerie, sans préciser quel genre de travail... Bref, de nombreux clients étaient complètement hypnotisés par ces femmes "exotiques", si sexy et sans les mêmes interdits religieux qu'eux. Si vous vous demandez comment je sais tout ça, c'est parce qu'il m'est arrivé de fréquenter les mêmes hôtels (il n'y en avait pas tant que ça dans certains villages), que les Turcs aiment beaucoup parler, et aussi que j'ai pris un café avec une de ces "Natachas" qui occupait une chambre voisine. Nous avons discuté de tout et de rien, de Paris je crois, mais surtout pas de son travail. Elle était contente de parler d'autre chose pour une fois. Je ne me souviens plus de son prénom, mais ce n’était pas Natacha.

J'ai parcouru le plateau de l'est de l’Anatolie en stop. Dans ces régions rurales et reculées il est plus facile de trouver une voiture qui s’arrête, quand il y en a. Ici, on s'aide volontiers. Et puis une nouvelle histoire à raconter n'est pas à négliger dans ces lieux isolés. Les histoires sont aussi pour moi, comme cette fois où je monte à l’arrière d'une voiture : il y a une petite couverture sur la banquette, et dessous quelque chose de dur et froid. Je soulève le tissu et je m’aperçois que je suis assis sur des fusils.
Il y a de nombreux barrages policiers sur la route, pratiquement à l'entrée et la sortie de chaque village. Parfois, c'est le "shérif" du coin qui m'accueille, me demande où je vais et m'indique ma route. 
Ailleurs, ce sont des policiers qui me regardent faire du stop à la sortie du village, me demandent de m'approcher, me posent quelques questions puis reprennent leur garde sur la route. Après avoir arrêté 5 ou 6 voitures et interrogé leur chauffeur, ils m’appellent à nouveau : "monte dans cette voiture, elle va t'emmener là où tu veux aller". Les deux occupants de la voiture me font monter sans un mot et m'observent dans le rétro intérieur. Quelques kilomètres plus loin, ils font une pause pour prendre de l'essence. J’achète une pastèque que je partage avec eux. On discute alors un peu. Ils sont rassurés : ils pensaient que j’étais de la police.
Parfois la nuit, dans les petits villages, on entend des coups de feu... Qui a tiré ? Brigands, terroristes, policiers, braconniers, armée ennemie... ? Personne ne me le dira jamais, je n'insiste pas.

Ces faucheurs me replongent dans mon enfance creusoise, pas si lointaine, lorsque mon grand-père maternel allait aux prés ou aux champs couper de l'herbe ou du foin pour ses bêtes. Il avait la même casquette que l'homme du milieu, la même genre de veste, les mêmes gestes amples et souples, le même outil usé mais tranchant. Je suis sûr que l'on peut trouver des situations similaires dans de nombreux pays... On en viendrait presque à croire qu'ils avaient raison, avec leur internationale, faucilles et marteaux. En tout cas, ils ont bien choisi leurs symboles.

Il y a quelques sujets tabous en Turquie, qu'il vaut mieux ne pas évoquer, à moins de n'en dire que du bien : Atatürk, la religion, l'armée, et bien sûr la question kurde... enfin, si, vous pouvez en parler, il suffit juste de vous assurer que vous en parlez avec un Kurde. J'ai demandé à un Turc ce qu'il pensait du Kurdistan et il m'a répondu : "Regarde une carte du monde, tu vois un pays qui s'appelle Kurdistan ? Non, il n'y en a pas, ce pays n'existe pas, c'est tout...". Fin du débat.

Le mont Ararat existe bien, lui. Le voici en photo ci-dessous. On en parle même dans des livres depuis longtemps. Ce volcan recouvert de neiges éternelles culmine à 5 165 mètres d'altitude, ce qui en fait la plus haute montagne de Turquie, et même des pays du Proche-Orient, mais il existe 3 plus hauts sommets pas très loin cependant : le mont Chkhara en Géorgie (5201 m), le Mont Damavand en Iran (5604 m) et enfin le mont Elbrouz dans le Caucase (5642 m), sans parler de tous les plus de 8000 m dans la chaîne de l'Himalaya. Pourquoi ce petit cours de géographie ? Juste pour qu'on m'explique comment il est possible, dans l'histoire de l'Arche de Noé, que "la pluie tomba ensuite sans discontinuer sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. Les eaux finirent par couvrir même les plus hautes montagnes, qu'elles dépassèrent de plus de quinze coudées. Toutes les créatures vivantes s'éteignirent, et seuls Noé et les siens purent survivre. Finalement, au bout d'environ 220 jours de navigation, l'arche vint s'échouer sur les monts d'Ararat, et les eaux refluèrent encore quarante autres journées avant qu'apparaissent les sommets des montagnes". Je vous laisse calculer le gigantesque volume d'eau nécessaire pour submerger la terre entière sur une hauteur d'au moins 5000 m...

Dans l'est de la Turquie, il est difficile de ne pas évoquer l'Arménie. D'ailleurs, le mont Ararat figure sur les armoiries de l'Arménie. On en reparlera sans doute dans l'épisode suivant, mais ce petit pays peu connu a véritablement une très longue histoire. Dès l'antiquité il y avait déjà un royaume d'Arménie qui s'étendait dans le Caucase, le plateau Anatolien, la Syrie, l'Irak, l'Iran (actuels, ces derniers Etats n'existaient pas à cette époque, du moins pas sous ce nom). Ce royaume sera ensuite une province de l'empire romain, retrouvera son indépendance, regagnera la Cilicie (le sud-est de la Turquie), sera conquis par les Ottomans, les Russes, ... bref, une histoire longue et compliquée.
Tout cela pour rappeler qu'à la fin de la Première Guerre mondiale, les Arméniens vivant sur leurs terres ancestrales dans l'empire ottoman furent soumis à une extermination systématique : le génocide arménien. On retrouve encore aujourd'hui de nombreuses églises arméniennes abandonnées dans l'est de la Turquie.

Me voici arrivé à Iğdır, au pied du mont Ararat, à l'autre bout de la Turquie, près des frontières de l'Azerbaïdjan, l'Iran et de l'Arménie. Je ne peux aller en Iran (j'y suis allé en juillet 1999), ne veux pas aller déjà en Azerbaïdjan (c'est prévu pour un peu plus tard), je tente donc de passer en Arménie. Je trouve une petite route à la sortie d'Iğdır qui monte vers le nord. Il y a des soldats turcs, et, à environ 500 m, des soldats arméniens. Entre les 2 c'est un "No Man's Land". Je demande aux soldats turcs si je peux passer, montrant mon passeport avec mes visas. C'est non. Ils me disent que si j'avance, les Arméniens vont me tirer dessus. Je tente de négocier, et si j'y vais avec un drapeau blanc ? Toujours non, rien à faire. La frontière est hermétiquement fermée, personne ne passe. Il n'y a aucun échange, aucune relation, aucun passage entre les 2 pays voisins.

Pour aller en Arménie, ma prochaine étape, je vais devoir remonter jusqu'aux rives de la mer Noire, et transiter par la Géorgie... à suivre dans le prochain épisode !

Pour ceux que ça intéresse, j'ai mis 30 jours pour effectuer cette traversée de la Turquie. J'aurais pu aller plus vite, mais je n'aurais alors pas pu vous raconter tout ce qu'il y a dans cette page. En voyage, rien ne sert de courir, il faut juste choisir un chemin.

En guise de conclusion : alors, sérieusement, la Turquie, c'est quoi ? Pour moi c'est avant tout de grands espaces, prairies infinies balayées par le vent. C'est aussi ses gentils habitants, accueillants et volubiles, toujours prêts à débattre de tout et surtout de rien. L'aspect qui m'a le plus gêné, c'est ce très (trop ?) fort nationalisme, qui avec le temps a été exploité par des populistes. Je sais bien qu'il ne faut pas généraliser, qu'il y a fort heureusement de nombreux intellectuels, journalistes, écrivains, citoyens, qui tentent de faire évoluer les mentalités, d'avancer vers plus de liberté, justice, réconciliation, respect des droits humains... Je les salue et leur souhaite de réussir. Mais, bien sûr, je n'ai rien de plus à dire, c'est aux Turcs eux-mêmes de décider de leur avenir.
Si vous avez des commentaires, questions, infos, ... n’hésitez pas !
La bise à tous mes éventuels lecteurs turcs, et aux autres aussi. A bientôt, en Arménie.

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